Portrait

Il fait partie du passé, j’ai l’impression que ça fait même plusieurs vie que l’on s’est connu.

A l’époque il avait 18 ans j’en avais 13.  Aujourd’hui il en a 38.

Ensemble on a vécu les pires galères, les bad trips, le manque de fric, le manque de dope. Les essais de baises rendues improbable par l’hero, ceux réussis.

La violence obligatoire dans une relation de camés. Les coups pour le fric, cambriolages, casses, toujours sans armes ni violence ou si peu….parce qu’on était idéaliste. Parce que dans notre délire on croyait pouvoir changer le monde.

L’entrée dans le monde des puissants des riches, premiers clients. Période faste pleine de fric, je me souviens du lavabo d’un hôtel de passe miteux remplis de billets, ce jour là on a tout claqué en une nuit, champagne, coke, héro, taxi, resto, la tournée des grand ducs.

On se prenait pour des gens importants, sorties, concert, rencontre des artistes, discussion jusqu’au bout de la nuit tel était notre quotidien.

Ce n’était pas son monde, mais pour moi rien n’était trop beau. Il cédait à tout mes caprices pourvu qu’il ait sa dose.

Et puis il s’est fatigué, parce que c’était trop, parce que j’étais jeune. Il a refusé de me fournir, il lui en fallait beaucoup plus, toujours plus.

Et puis je me suis fatigués, plus de dose j’ai du me fournir ailleur, aller dans d’autres cercles, changer d’horizon.

Mais je suis revenue, je suis toujours revenue, mal, parfois malade, toujours en manque. Il était là, il ouvrait ses bras et j’oubliais que j’étais partie.

Il ne m’a jamais rien demandé, ni pourquoi je partais ni la raison de mes retours. Un jour je lui ai dit qu’on ne se verrait plus, j’avais tourné la page de la dope.

Pas de scène, pas de larme, juste une grande joie dans ses yeux et son acceptation. Acceptation unique, sans question, sans reproche.

Un seul contact par an pendant 13 ans par téléphone. Et je le revois, là par hasard. Faut dire que notre monde n’est pas si grand!

Ce n’est plus vraiment le même mais il n’est pas différent pour autant. Toujours les mêmes gestes un peu plus saccadés peut-être…la même chaleur de son corps, le même parfum de sa peau. 

Les même caresses, la même assurance, les mêmes pannes sexuelle pour les même raisons.

Je ne me lasse pas d’observer la réaction des jeunes tox à son contact. Il enerve, il agace, il force le respect, c’est un survivant.

Je ne me lasse pas d’observer sa force fasse à la douleur. Il discute et la douleur arrive, je la lis sur son visage, il l’a retient, il l’interiorise. Il s’éloigne de son interlocuteur, il retourne à sa chambre.

Je le suis , j’entre il est sur son lit, le coussin entre les dents pour ne pas hurler. Je n’ose pas m’approcher pour le toucher je sais trop bien comment le simple contact de quelqu’un sur un os est douloureux.

Puis il se reprend quand il me voit, je m’approche, je m’assois à côté de lui et s’est lui qui me prend dans ses bras.

Ce soir il est dans mon lit assommer par les calmants et la bouteille de vodka et je me demande ce qui ne va pas chez moi.

Je me demande comment on peut ne pas tomber pas amoureuse d’un tel homme….

8 Réponses to “Portrait”

  1. Je poste un commentaire? Ou pas?
    Tout est dit, de toute manière…

  2. Je pense que c’est pour les mêmes raisons que tu pourrais tomber amoureuse d’un autre. C’est un truc vachement mystérieux…

  3. JP: Je dirais même que rien n’est plus attirant et tourmenté qu’un désir refoulé, sexuel ou pas. Ici, c’est clair que c’est le bonhomme dans son ensemble qui en jette…
    D’où ma compréhension de Tox dans ses hésitations.
    Car oui Tox, mais à part cette dualité avec la dope, tu tournes à peu près rond, comme nous tous dans ce bas monde…

    (Waaaah, le com’ super profond…)

  4. Black: Moi j’dis qu’il est beau ton com’. On dirait du Lacan lol

    Lui il a dit: «L’amour, c’est offrir à quelqu’un qui n’en veut pas quelque chose que l’on n’a pas.»

  5. JP: Pas le plaisir de connaître Lacan…

  6. Bin alors qu’est ce que tu attends pour tomber amoureuse?🙂

    Pas de billets aujourd’hui?

  7. Cerise morte Says:

    moi j’ai mes règles…
    …ah non c’est kaos qui m’a défoncé le cul avec un manche de pioche…
    … ce que c’est d’être monté comme un lombric tout de même…


    …je sais pas pourquoi je dis ça mais ca me fait du bien.

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