J’y suis allée. Ce fut un ramassis de connerie, un ensemble d’hypocrisie sans nom, ce n’est pas Eric qu’il ont enterré, c’est le flic, c’est l’homme qu’il haissait d’être. Celui qui obéissait aveuglement aux ordres, celui qui présentait bien, celui qu’il n’était pas.
C’était pour échapper à ça qu’il prenait de la dope, pour supporter de ne pas être lui, pour supporter ce boulot de merde qui l’avait foutu en l’air.
Alors j’ai débarqué, un chien dans un jeu de quille, une Tox au milieu des flics et des bourgeois, j’ai ressorti mon perf, mes tiags, le collier etrangleur autour du cou, le maquillage noir. Face à la populace sur son 31 je faisais tache.
Ils m’ont demandé de partir, de ne rien dire, mais j’ai pas pu, j’ai vomi ma haine de tout ces gens pleurant un homme qui n’existait pas. Ils ont voulus me virer, me faire taire, j’ai continué continué à dire qui était Eric, un toxico au grand coeur, un amant exceptionnel et un compagnon à toute épeuvre, et puis nos discussions me sont revenues en mémoire, j’ai dit à tous, ce qu’Eric pensait d’eux, de sa famille de ses collègues: une sacré bande de pourris, quand il a eu besoin d’eux y avait plus personne. Quand sa dépendance à été connue, ils l’ont viré sans même comprendre sans même essayer de l’aider. Son frère qui l’aime tant soit disant n’ jamais essayer de l’aider, la seule chose qu’il est faite c’est de l’interner de force.
Ils étaient où tout ces gens quand Eric était seul, ils étaient où quand ce soir là il s’est shooté à mort?
A l’hopital y avait personne que moi, tout le monde avait été prevenu mais j’y était seul, il est parti sans voir son frère, seul sans ami avec pour seul compagnie la mienne, celle d’une femme qui n’a pas su l’aimer suffisament.
Puis je n’ai plus rien dit, j’ai fait demi tour et je suis reparti pour aller boire une vodka dans le bistro un peu plus loin. Quand tout ces parasites sont partis j’y suis retournée juste pour être en tête à tête une dernière fois, lui exprimer combien je l’aime combien il a été dégueulasse de me laissé seule.
Je crois bien que j’ai réussi à m’engueuler avec lui, c’est dingue!!!!!!!!!
Et puis j’ai fait demi tour, je suis rentrée. Depuis j’ai la rage la haine, comment peut-on raconter autant de connerie en moins d’une heure, comment peut-on manquer de respect à une mémoire à ce point?
J’ai vu dans leur regard du mépris, dans le sourire de son frère j’y ai vu: “j’espère que tu seras la prochaine”.
J’ai la haine aussi pour ce “meilleur” ami, ce “collègue” d’Eric que je n’ai croisé que 2 fois, pas une seule fois il n’a bronché, il n’a même rien dit et pourtant il le connaissait bien, il était entré comme lui dans le cercle vicieux de la dépendance mais avait réussi à s’en sortir. Il était là regardant ses pompes, serrant les poings mais il n’a rien dit, même quand j’ai fait mon petit discours.
Eric était à la frontière de deux mondes, l’un était trop dur pour lui l’autre la rejeté pour avoir trop aimé le premier. Aujourd’hui il n’est plus là pour faire la jonction de ces deux mondes. Le monde du jour l’a oublié, celui de la nuit l’a tué.
Son frère peut dormir tranquille Eric est mort en flic et pas en toxico. Il est mort avec les honneurs….
Pour lui Eric ne pouvait rêver une plus belle mort….
En entendant cette phrase, je ne pu m’empêcher de penser qu’il aurait préféré être pardonné pour ses erreurs, qu’il aurait préféré que son frère soit là, au lieu de mourir seul et d’être enterré comme un flic