Une vie de merde
Petit résumé d’une vie de merde ou comment on replonge après 10 ans d’arrêt
Premiers souvenirs du centre, premiers souvenirs de viols, souvenirs de dope, de pute, le dernier viol, Axel qui veut encore m’attraper, j’arrive pas à me dégager, coup de pieds, coup de poings et puis un cri, il est éjecté, je sais que Micka est revenu, je ne peux pas lever la tête, je ne peux pas le regarder en face, j’entends, les coups, j’entends les cris d’Axel, Micka tape et tape encore, je veux pas qu’il s’arrête de le frapper, Axel paye pour ce qu’il m’a fait pendant toute ces années, je prie même pour qu’il le tue.
Pour la première fois ma prière est exaucée, Axel est en sang, il ne bouge plus, Micka appel les flics, ils l’arrêtent, l’emmène. Je suis toute seule encore, les jours passent, je me bat pour voir Micka, ils me le refusent, je hais les flics. Je ne le reverrais pas, une lettre d’adieu, il ne supporte pas d’être enfermé.
Et puis les années passent rapidement, le mariage, ma belle famille. Ils me haient tous, je ne suis pas assez bien pour leur fils, ils ont raison, je suis enceinte, presque heureuse. J’accouche, la peur, peur de ne pas être à la hauteur, c’est un garçon, comment être mère? je m’enferme, je ne parle plus à personne.
Mon fils pleure, pleure et pleure encore, il faut qu’il se taise, je ne suis pas une bonne mère, je n’y arriverais pas. Il a 8-9 mois, il est dans son lit, j’entre dans la chambre, il faut qu’il arrête. Je ne sais plus quoi faire, j’ai envie de le faire taire par tout les moyens. Je sors de la maison, la voisine est là, je lui demande d’aller chercher mon fils de le garder avec elle sinon je lui ferait du mal.
C’est la fin de mon mariage, la fin de mon rôle de mère, je ne pourrais plus approcher mon fils seule.
Les années passent encore, la dope ne fait plus partie de ma vie mais dans un coin de ma tête, elle est encore là, je suis seule, plus d’issue. Je me rapproche d’anciens copains, je sors, je m’amuse, je boit, je fume mes copains se dope. Elle est de retour, elle me tente, je replonge comment résister?
Et puis je le rencontre, il est grand, il est beau, son regard est rare, je l’aurais.
Je l’ai eu, il est incroyable, il m’aide, me fournit, pas besoin d’aller dans la rue, servie à domicile. Et puis le temps passe, ça devient compliqué, on est deux à consommer, l’argent manque, il faut trouver une solution. Moi je sais comment faire, je l’ai déjà fait. Il refuse, j’insiste, il finit par céder, c’est à mon tour de fournir.
Et puis un malaise, un bad trip et j’ai envie d’arrêter mais comment arrêter quand on vit avec son alter ego? Impossible, il faut que je m’éloigne, il ne l’accepte pas. Je pars, je reviens j’arrive pas à le laisser seul.
Il pense qu’il y a un autre homme, mais celui là il risque de prendre sa place, il pense qu’il veut que j’arrête la dope pour le rayer de ma vie. Alors il me fait venir pour parler. Sur la table, tout le matos, je m’assois il me propose un fix, je refuse, il ne me donne pas le choix, je suis là, je ne bouge pas, je lui dit non, je ne veux pas replonger mais je ne bouge pas, il pourra me faire un fix.
3 juillet, 2008 à 9:07
putain, ça fait mal de lire ça.. Alors, j’imagine pas pour celle qui le vit !
3 juillet, 2008 à 10:04
En même temps on y survit!!!!
3 juillet, 2008 à 10:16
La saleté, l’abandon, la solitude, l’incompréhension, la douleur, c’est comme un fix ou une ligne ; quand on y a goûté, ça reste à jamais. Le corps s’en souvient toujours. Mais on peut essayer d’oublier par instants pour de nouveau sourire à la vie. Je te le souhaite.
4 juillet, 2008 à 1:15
Je ne saurais commenter de tels aveux.
Je te souhaite juste beaucoup de bonheur à venir … il n’est souvent pas très loin.
Amitiés
4 juillet, 2008 à 8:31
@Nelson: Merci le fix a été et est la seule chose qui m’a permis d’oublier par instant, il va falloir que je trouve autre chose
@Madame Noire: Merci, je le cherche mais pas facile à trouver